01 janvier 2010
Assassinat de Marius Plateau
Quand la république assassine - Marius Plateau
Marius Plateau, le premier martyr
Au printemps 1908, quelques semaines après l’apparition de l’Action Française quotidienne, plusieurs jeunes gens se présentaient au secrétariat de la Ligue d’Action Française et signalaient l’intérêt d’une vente régulière du journal à la porte des églises. Eux-mêmes, de leur propre initiative, procédaient à cette vente chaque dimanche dans le quartier des Batignolles. Parmi eux était Marius Plateau. Leur idée était si naturelle que, presque en même temps, d’autres jeunes gens l’eurent, en province comme à Paris. Les Camelots du Roi étaient nés du besoin qu’éprouve une jeunesse ardente de répandre son enthousiasme et de faire partager ses conviction. Les premiers Camelots du Roi venaient de toutes les couches populaires de la nation et à commencer surtout parmi les employés et ouvriers royalistes de « L’accord Social » de Firmin Bacconnier au coude à coude avec quelques jeunes « bourgeois » du XVIIème ardt entraînés dans les ventes de journaux avec Henry de Lyons.
Le garçon de course Marius Plateau, le menuisier Lucien Lacour…Marius Plateau, présent dans les équipes de Camelots auprès des familles ouvrières, quand il fallut aider à sauver, nourrir, consoler et reconstruire les logements détruits par les inondations de 1910...Pendant l’affaire Thalamas, l’insulteur de Jeanne D’Arc avait été giflé et fessé, Marius en était, ses qualités d’entraîneur d’homme étaient connus de la police. Il fut arrêté le 10 février 1909, dans l’escalier de l’AF alors au 3 chaussée d’Antin, en toute illégalité d’ailleurs.. Il s’exclama devant la mauvaise foi : « Merci ! Cela me mettra au cœur un peu plus de haine pour votre République » Il écopa de 2 mois d’emprisonnement…
En avril 1909, dans le préau du quartier politique, à la prison de la Santé , le premier Comité régulier des Camelots du Roi était constitué. Marius Plateau en était. Au mois d’octobre suivant, il en était nommé secrétaire général. Cette charge demandait un jugement droit, du bon sens, de la fermeté, du courage, du sang-froid, des qualité d’administration et d’organisation peu communes, car, dans cette direction des soldats volontaires de notre cause, le chef ne dispose que de sanctions morales. Le 14 juillet 1911, deuxième arrestation, toujours en toute illégalité , suite à une manifestation contre le président Fallières.Il fut saisi par derrière par une dizaine d’agents en civil, un échange de coups s’en suivit et de nouveau deux mois d’arrêt…Marius Plateau contribua grandement à l’organisation des manifestations. En mars 1911, une pièce est retirée de la Comédie Française , sur pression de la rue…et des camelots. Son sens de l’organisation permet :
_La création de « La Fédération Nationale des Camelots du Roi » qui allait regrouper tous les groupes de Camelots de France. Il connaissait les membres de ces groupes, les chefs et aussi les volontaires. Il savait ce que l’on pouvait attendre d’eux, dans toutes les circonstances…
_Il fut le grand ordonnateur des défilés et manifestations, de plus en plus imposantes, commencés en 1909, pratiqués d’abord malgré la police, et qui obligèrent le Parlement à voter la « Fête de Jeanne D’Arc »
_Dans les Comités directeurs de l’AF, il s’appliquait avec une discipline rigoureuse, afin de réaliser la politique dans le domaine de l’action et jamais il ne se trompait dans ses analyses et ses prévisions.
Voilà son œuvre qui explique peut être aussi sa disparition…
En 1910, il fallait départager Lucien Lacour et Marius Plateau, pour savoir qui allait avoir l’honneur de gifler Briand. Ecoutons Maurras qui relate le souvenir dans l’AF du 29 janvier 1923 : «Je priai les deux amis de faire valoir leurs titres. Les uns et les autres étaient à considérer. Beaucoup de jours de prison…De part et d’autre service parfait…" L'honneur en vint à Lucien Lacour...
Il fut Secrétaire général de la Ligue d'Action Française et responsable dans la Fédération des Camelots du Roi...Intrépide, loyal et bon compagnon, il avait les vertus et les talents d'un bon organisateur.Il était la cheville ouvrière des organisations de combat.
Il fut grièvement blessé lors de la première guerre mondiale (trépané). Les Camelots étant souvent en première ligne...Il était d'une grande intelligence et doué d'esprit stratégique...
Ecoutons sa citation à l'ordre de l'armée :" Vaillant sous-officier, le 20 septembre 1914, à l'attaque de la position de Port-Fontenoy, tous les officiers de la compagnie étant tombés, a fait irruption sur un glacis battu par des feux de mitrailleuses d'une extrême violence, pour faire diversion et attirer sur lui l'attention de l'ennemi. A enlevé ses hommes par son commandement énergique et entraînant, les enthousiasmant par son ardeur. A été grièvement blessé, après avoir donné à tous le plus bel exemple d'héroïsme et d'abnégation."
Il fut assassiné à coup de revolver, à son bureau rue de Rome, le 22 janvier 1923, en recevant une dame du nom de Germaine Berton. Elle déclara : "Je considérais Daudet et Maurras, comme responsables de l'occupation de la Ruhr "...
Les troupes Françaises entraient le 11 janvier à Essen, le 20 la presse révolutionnaire dénonçait cet acte. Il est encore flagrant de voir la connivence entre la Révolution républicaine et l’Allemagne. La presse comme l’Œuvre faisait de véritables appels au meurtre…
Elle essaiera vainement d'atteindre Daudet ou Maurras et finira par choisir M.Plateau pour cible. Cette femme fut déjà condamnée pour outrages et violences en 1921, pour port d’arme prohibée en 1923 et soupçonnée de cambriolage…Tout en se prétendant anarchiste, elle quémande régulièrement aux religieuses de Nanterre de l’aide financière, invoquant la Sainte Vierge et promettant des remboursements incertains, que les religieuses oublient dans leurs vocation de servir…Elle fut reçue dans le bureau de Marius Plateau, « du chef des Camelots du Roi… » disait-elle puis parlant de Plateau lui disant « Pourquoi êtes vous ici ? », Elle prétexte vouloir donner des renseignements et continue : « On eût dit qu’il sentait que cette heure devait être pour lui la dernière, il rangeait ses papiers, allait et venait dans son bureau…Je sortis mon arme, comme il me reconduisait, profitant de ce qu’il avait le dos tourné, je lui ai tiré par derrière un coup de revolver. Il s’est retourné. J’ai alors tiré deux ou trois coups et je l’ai atteint. Il tomba tout d’une pièce… ». Le courageux soldat Plateau en avait vu d’autres et comme Léonidas sentit peut être l’heure du sacrifice venu, il se détermina simplement à l’issue fatale de la rencontre…
Alors, au tribunal elle s’assied, tire de son sac à main une houpette et, tranquillement, effrontément, se poudre le visage…Elle est contente d’elle, contente de l’approbation d’une certaine clientèle qui n’est pas sans rappeler les tricoteuses de la Révolution. Elle qui vient de tuer un héros, un homme qui durant la guerre avait tout fait pour épargner la vie de ses compagnons. Un Décius français ou un Arnold de Winkelried, « car Plateau s’était précipité en avant, et avait fait passer son régiment sur son propre corps, et c’est par miracle qu’il avait survécu ! » …L’affaire transpirait la manipulation policière.
L’affaire était trouble, manœuvre obscures, entrecoupées de morts subites :
_l’amant de Germaine Berton, Gohary, trouvé « suicidé » le 8 février, jour où il avait suggéré des pistes sur l’assassinat de Plateau…
_La mort du haut policier Joseph Dumas…
Les complicités policières commencent à apparaître lorsque l’on découvre les négligences de l’enquête. Les chefs de la police finissent par être mis en cause et pour finir, elle sera acquittée, un fonctionnaire Pierre Hamp s'écriera "Vive la République !" en approuvant ce meurtre tout en encourageant des assassinats prochains...
La République avait ainsi de nouveau bien servi l'Allemagne (Unité avec la révolution et l'Empire, empêcher le retour d'Henri V avec Bismarck, complicité avec Thiers pendant la Commune.. .)
Rappelons l’interpellation du Ministre de l’Intérieur par Léon Daudet, à la Chambre , lui rappelant une confession sur l’abandon des poursuites concernant l’assassinat de Marius Plateau "parce que cet assassinat avait été commis avec l’autorisation, à l’incitation même de certains services du gouvernement… "
Le cimetière Vaugirard ou il repose possède une statue faîte par Maxime Réal Del Sarte, président de la Fédération des Camelots du Roi....
« Le sergent Marius Plateau, 22e compagnie du 355e régiment. A Vaux-sous-Fontenoy, le 6e bataillon du 355e (commandant Mermet) déjà très éprouvé (il reste 4 officiers et 500 hommes) est appelé à venir à l’aide d’unités voisines. Il faut offrir une cible aux mitrailleuses allemandes pour détourner leurs feux et permettre ainsi au bataillon de franchir une zone battue, pour tourner la position ennemie. A la tête de ses hommes, qu’il enlève par son commandement énergique et entraînant, qu’il galvanise par l’exemple de son ardeur, le sergent Marius Plateau quitte le fossé d’une lisière de bois, fait irruption sur un glacis, sa chaîne de tirailleurs en plein champ, face à l’ennemi, et attire l’acharnement du feu. Frappé d’une balle à la tête, l’héroïque sergent est laissé pour mort sur le terrain. Trente de ses hommes sont tués ou blessés ; grâce au sacrifice de ces braves, le bataillon passe… »
Souvenons-nous !
Frédéric Winkler
08 décembre 2009
Banquet annuel 5 décembre
Samedi 5 décembre eut lieu le banquet annuel de l'association Marius Plateau.A travers une chaude ambiance, le nouveau bureau fut confirmé.Le président d'honneur Guy Steinbach pour l'occasion mit le tee shirt anniversaire des Camelots du Roi offert par le Groupe d'Action Royaliste.Il remit en présence de Frédéric Winkler, élu à l'unanimité, secrétaire Général de l'association Marius Plateau, une "plaque de Camelot du Roi" au président Yves Henri Allard, bien mérité et à Jean Baptiste de l'Aviath, responsable militant des jeunes du CRAF.Il faut noter dans l'asistance nombreuse, la présence de Louis Juhel, fils de Pierre (ancien chef Camelot et responsable de la Restauration National), Hilaire de Cremiers, Maître Georges Rousseau, vice Président de l'association et Daniel Poirson, trésorier.Olivier Perceval, responsable du CRAF était présent pour participer à la remise de l'insigne de Jean Baptiste.La Relève se met en place...Le repas se termina par quelques projets réalisés et à venir de Frédéric Winkler pour faire vivre l'association "Marius Plateau" ...
20 novembre 2009
Actualité
Depuis dimanche matin, 700 soldats français sont engagés dans une vaste opération militaire pour prendre le contrôle d’une zone talibane en Afghanistan (la vallée de Tagab, à une cinquantaine de kilomètres à l’est de Kaboul), zone dont sont partis, ces dernières semaines, plusieurs « kamikazes » et qui sert de refuge aux groupes islamistes radicaux.
Là-bas, on ne commémore pas encore : on combat, on tue et on meurt…
Je n’aime pas la guerre et je la crains : mais, lorsqu’elle est là, il faut la faire, comme le rappelait le général de Gaulle. Le débat sur la présence française en Afghanistan n’est pas un faux débat, loin de là, et je ne suis pas sûr qu’il fallait « y aller » : mais, la France y est, et il serait pire, aujourd’hui, de quitter le terrain sur ce qui apparaîtrait alors comme une défaite, un recul…
Il faut rappeler aussi que la solution à la « question talibane » n’est pas seulement militaire, mais avant tout politique. Dans cette affaire, pourtant bien engagée à l’origine (à l’automne 2001), les Etats-Unis ont manqué de sens politique et ont méconnu l’histoire de l’Afghanistan comme ses traditions (toutes ne sont pas pour autant honorables…), préférant placer un de leurs féaux à la tête du pays plutôt que celui qui pouvait, de par son histoire personnelle et de sa charge symbolique, réconcilier les uns et les autres, ou au moins calmer les craintes de la majorité ethnique pachtoune : Zaher Chah, le roi (jadis renversé par son cousin républicain, façon Fronde nobiliaire…), aujourd’hui décédé, semblait aux Afghans eux-mêmes le « recours » et la possibilité de retrouver une certaine visibilité politique pour l’Afghanistan sans renoncer à sa liberté nationale. Les Etats-Unis n’en ont pas voulu et ont humilié les chefs traditionnels de tribus par leur refus d’une solution « à l’afghane ». On connaît la suite, et il est difficile de ressusciter Zaher Chah…
Il est vain de se lamenter sur ce qu’il aurait fallu faire, puisque cela n’a pas été fait. Mais il faut se prémunir contre les conséquences des erreurs des Etats-Unis qui, s’étant placé à la tête de la coalition occidentale en 2001, nous ont engagés sans beaucoup de précautions dans ce guêpier afghan.
Désormais, le rôle de la France en Afghanistan est d’aider à la formation d’une véritable armée afghane, mais aussi de permettre la fondation et le fonctionnement d’écoles ouvertes aux garçons comme aux filles, de centres culturels, d’aider l’économie afghane à s’autonomiser de l’aide internationale, etc.
Certains parleront de « néocolonialisme » ou d’ingérence dans les affaires d’un pays étranger : sans doute faut-il y voir plutôt l’application d’un « devoir d’assistance à nation en danger », pour éviter le pire, pour les Afghans comme pour leurs voisins, mais aussi pour les pays européens qui, en cas de victoire des talibans, pourraient difficilement refuser d’accorder l’asile aux centaines de milliers de réfugiés afghans qui fuiraient la dictature islamiste…
Après la guerre, qu’il faut gagner, la France et ses alliés dans cette affaire ne doivent pas oublier que c’est la paix qu’il faut aussi, voire plus encore, gagner : rien n’est pire qu’une paix bâclée, forcément grosse de conflits futurs !
L’histoire de la « guerre de trente ans » selon l’expression d’Henri Massis, celle qui dura de 1914 à 1945 sur le continent européen et bien au-delà, ne doit pas être oubliée : le pire serait la commémoration rituelle sans la vive mémoire…
Jean-Philippe CHAUVIN




